Charme néfaste
La tempête ne semblait jamais devoir s’arrêter. De grandes bourrasques de vent les trempaient et collaient leurs cheveux mouillés sur le visage. Après avoir mené les bêtes paître sur la colline ils s’étaient écartés des chemins et avaient été surpris par la pluie. Colin et sa petite sœur étaient maintenant perdus car des rideaux les empêchaient de voir au loin. Heureusement une chaumière leur apparut entre les gouttes. Sans se concerter ils coururent s’y réfugier tout en essayant d’éviter les trous d’eau et de glisser sur l’herbe. Une fois arrivés ils frappèrent à la porte. Sans obtenir de réponse ils allaient entrer lorsqu’une femme leur ouvrit :
-Mes pauvres enfants.
Pendant qu’elle les amenait encore tout dégoulinants près de la cheminée il observa leur hôte. Elle paraissait presque quarante ans mais était d’une extrême beauté. Elle leur apporta des vêtements et fit passer la jeune fille derrière une cloison.
-Comment s’appelle-t-elle ?
-Ameline. Elle a seize ans.
Elle aida le garçon à enlever ses vêtements. Au contact de ses mains il frissonna involontairement. Elle s’apprêtait à le réchauffer lorsque sa sœur réapparut dans une robe qui lui allait à merveille.
-Puisque vos vêtements ne sont pas secs je vous invite à souper chez moi ce soir.
Le repas fut excellent et arrosé de vin. Quand elle leur proposa de rester ils n’eurent pas le courage de refuser. Il semblait devoir pleuvoir toute la nuit et les rafales qui soufflaient contre les murs n’incitaient pas à repartir. Elle emmena la jeune fille dans une autre pièce et revint s’occuper de lui. Elle devait presque le porter.
-Mais ou allez-vous dormir ?
-Ne t’occupe pas de ça.
Il protestait mais bientôt s’écroula dans son lit.
Elle le réveilla brusquement au milieu de la nuit. Elle plaqua fermement son corps contre le sien pour l’empêcher de s’échapper et rechercha sa bouche qu’elle embrassa goulûment. Il répondit instinctivement à son baiser puis descendit jusqu’à ses seins tandis qu’elle passait les mains dans son dos et ses reins. Ensuite elle lui montra l’exemple et rechercha son sexe qu’elle secoua vigoureusement. A son tour ses caresses quittèrent sa croupe pour glisser doucement vers sa toison. Elle en profita pour écarter les cuisses et le chevaucha. Sans savoir s’il fantasmait il sentit son sexe se dresser en elle. Tandis qu’il l’agrippait à pleines mains elle le mordit à l’épaule. Ils effectuèrent des mouvements violents pendant quelques temps et soudain il se sentit jaillir en elle. Après quoi toutes ses forces l’abandonnèrent.
Le lendemain il était vidé, confus et avait un formidable mal de tête.
-Ou est Ameline ? demanda-t-il.
-Ta sœur ne t’as pas attendu. Elle est rentrée chez vos parents.
Comme il s’asseyait sur le lit elle s’approcha de lui. Elle promenait ses charmes à moitié nus et il posa ses mains sur ses hanches avec gourmandise.
-Tu n’as pas l’air très bien. Ne bouges pas je vais te préparer une tisane.
-Je n’ai pourtant pas tellement bu.
-Tu as du prendre froid…
Elle le fit boire sans protester et il ne tarda pas à se recoucher. Durant les jours suivants il tomba dans une extrême faiblesse. Son esprit errait comme un bateau perdu au milieu de la brume. Heureusement elle était là pour s’occuper de lui. A mesure que son état s’affaiblissait elle était plus resplendissante. Ils faisaient parfois l’amour mais ce seul effort le laissait complètement épuisé. Un matin il se réveilla avec une pensée en tête. Depuis combien de temps suis-je ici ? Il faut absolument que je revois ma sœur. Il réussit à se lever et se dirigea péniblement vers la porte.
-Ou vas-tu ?
-Je rentre chez moi.
-Hors de question !
Il hésita un moment. La voix se fit plus accommodante.
-Je veux dire tu n’es pas en état. Retournes te coucher je vais te préparer un potage.
Elle a peut être raison se disait il lorsque quelque chose accrocha son regard. Un crucifix.
-C’est celui d’Ameline ! Qu’as-tu fait à ma sœur ?
Imperceptiblement un sourire se dessina sur ses lèvres. Mais ses yeux étaient durs et cruels.
-C’est maintenant que tu t’en soucies ?
Brusquement il s’aperçut qu’elle lui bloquait le passage. Ce n’était plus la même femme qui se dressait devant lui. Elle paraissait beaucoup plus jeune et tout son corps semblait vibrer d’un furieux désir.
-Sorcière ! Tu m’as drogué.
Sa voix était pleine de colère mais la tête lui tournait.
-Il est trop tard maintenant. Tu ne peux plus t’en passer n’est-ce pas ?
Comme il titubait elle le prit dans ses bras presque avec compassion. Elle caressait la racine de ses cheveux et l’amena à plonger la tête dans sa poitrine où s’écoulèrent des larmes de rage. Il commença à la mordiller et elle le laissa faire. La tête en arrière elle exhala un soupir lorsqu’il souleva ses cuisses et la projeta violemment contre le mur. Leur respiration devint haletante. Il se vengeait sur sa chair avec une telle bestialité qu’elle ne pouvait plus que se laisser dominer. Lorsqu’elle commença à crier il chercha des mains sa pomme d’Adam. Il appuya. Son corps se débattit quelques instants. Enfin les membres retombèrent et ce fut la petite mort.
